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Efficacité de la Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC).

En 2001, l’Union Nationale des Amis et Familles de Malades Psychiques (UNAFAM) et de la Fédération Nationale des patients et ex patients en Psychiatrie (FNAPSY) avec l’autorisation du ministère de la santé ont commandé une expertise collective de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) pour évaluer les différentes formes de psychothérapie sur des bases scientifiques. De Mai 2002 à Décembre 2003, un comité de 8 experts indépendants (psychiatres, psychologues, épidémiologistes et biostatisticiens) s’est réuni sous la direction de Mme. Jeanne Etiemble (directrice de recherche de l’INSERM et responsable des expertises collectives). Des professeurs d’université ont été entendus. Le rapport de l’INSERM [1] concluait à une efficacité prouvée de la Thérapie Cognitive et Comportementale dans 15 troubles (ou syndromes) sur les 16 étudiés . La thérapie familiale avait une efficacité prouvée dans 5 syndromes. La thérapie psychanalytique avait une efficacité prouvée dans 1 trouble, celui de la personnalité avec un niveau de preuve scientifique moins important que celui de la TCC dans la prise en charge de ce trouble. Les conclusions des rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé en 1993, du département de la santé du Royaume Uni en 2001 ne sont pas différentes concernant l’efficacité de la thérapie psychanalytique. Le rapport Fonagy commandé par l’Association Psychanalytique Internationale, elle même, est quant à lui beaucoup plus sévère dans l’autocritique des thérapies psychanalytiques et de leurs résultats.


Les résultats concernant la Thérapie Cognitive et Comportementale.


            Vous trouverez en fin de document, un tableau explicatif de l’élaboration des grades de recommandations en fonction des données de la littérature scientifique.


Résultats du rapport du département de la santé au Royaume-Uni :

L‘État de Stress Post Traumatique , est traité efficacement par la TCC (grade A)

Les troubles de l’humeur dépressifs peuvent être traités efficacement par une psychothérapie, le meilleur niveau de preuve est obtenu par la TCC (grade A).

Le Trouble de l’Anxiété Généralisée , le Trouble Obsessionnel Compulsif , le Trouble Panique , l’Agoraphobie , le Trouble Phobie Sociale  sont efficacement traitées efficacement par la TCC (grade A).

Le Trouble du Comportement Alimentaire de type Boulimie est traité efficacement par la TCC (grade A).



Résultats de l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé (ANAES).

            La prise en charge du Trouble de l’Anxiété Généralisée par la TCC entraine une amélioration clinique significative avec maintien du gain thérapeutique à 6 mois (grade A). Dans ce trouble, la TCC est aussi efficace que les traitements médicamenteux (grade A) et faciliterait le sevrage aux benzodiazépines (fréquemment prescrit dans ce trouble) (grade B).


Un Épisode Dépressif Majeur d’intensité légère à modérée répond aux antidépresseurs (grade A), à la TCC (grade B). Ce trouble répond aux autres psychothérapies avec un niveau de preuve de grade C hormis la psychanalyse qui fait l’objet d’un accord professionnel (grade le plus faible).



Données récentes.

Une méta-analyse plus récente [2] a comparé les résultats des études cliniques les plus rigoureuses sur le plan scientifique. Elle établit que la TCC est efficace pour le traitement des troubles anxieux avec les meilleurs résultats pour le Trouble Obsessionnel Compulsif  et l’État de Stress Aigu ,  des bons résultats pour la Phobie Sociale, le Trouble de l’Anxiété Généralisée et l’État de Stress Post-Traumatique, et des résultats positifs pour les Attaques de Paniques. La TCC permettait d’améliorer ces troubles de façon significative mais aussi, d’améliorer les symptômes dépressifs fréquemment associés.


Selon l’institut national pour l’excellence clinique du Royaume-Uni (NICE), la TCC est recommandée comme un traitement de premier rang pour son efficacité au long cours dans la prise en charge du Trouble Panique, du Trouble de l’Anxiété Généralisée [3], et de l’État de Stress Post-Traumatique [4]. Cet institut recommande l’utilisation de la TCC comme un traitement de choix pour la dépression d’intensité légère à moyenne, une option pour la dépression modérée, et pour la dépression sévère si elle est associée à un traitement antidépresseur [5].

D’autres études montrent l’efficacité de la TCC dans la prévention de la rechute des tentatives de suicide [6] et son bénéfice pour les patients bipolaires ayant un traitement régulateur de l’humeur [7].



Grades des recommandations en fonction du niveau de preuve scientifique fourni par la littérature selon l’ANAES (2001).



Niveau de preuve scientifique fourni par la littérature

Grade des recommandations

Niveau 1 :

Essais comparatifs randomisés de forte puissance (effectifs suffisants)

Méta-analyse d'essais comparatifs randomisés

Analyse de décision basée sur des études bien menées

A

Preuve scientifique établie (Prouvé)

Niveau 2 :

Essais comparatifs randomisés de faible puissance (effectifs insuffisants)

Études comparatives non randomisées bien menées

Études de cohortes

B

Présomption scientifique (Probable)

Niveau 3 :

Études cas-témoins

C

Faible niveau de preuve

(Accepté)

Niveau 4 :

Études comparatives comportant des biais importants

Études rétrospectives

Séries de cas

En l'absence d'études

les recommandations sont fondées sur un accord professionnel





 

Bibliographie

 

1. INSERM, Psychothérapie trois approches évaluées. Expertise collective. 2004, Paris: INSERM. XII-553.

2. Hofmann, S.G. and J.A. Smits, Cognitive-behavioral therapy for adult anxiety disorders: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. J Clin Psychiatry, 2008. 69(4): p. 621-32.

3. NICE, Generalised anxiety disorder and panic disorder (with or without agoraphobia) in adults : management in primary, secondary and community care. 2011, London: National Institute for Health and Clinical Excellence.

4. NICE, The management of PTSD in adults and children in primary and secondary care. Vol. CG 26. 2005, London: National Institute for Health and Clinical Excellence.

5. NICE, Depression : treatment and management of depression in adults, including adults with a chronic physical health problem. 2009, London: National Institute for Health and Clinical Excellence.

6. Brown, G.K., et al., Cognitive therapy for the prevention of suicide attempts: a randomized controlled trial. JAMA, 2005. 294(5): p. 563-70.

7. Lam, D.H., et al., Relapse prevention in patients with bipolar disorder: cognitive therapy outcome after 2 years. Am J Psychiatry, 2005. 162(2): p. 324-9.